Textes & Nouvelles

Samedi 26 juillet 2008

Je suis ici, il est là-bas…

Seule, enroulée dans mes draps, mes pensées ne restents pas enfermées entre ces quatres murs. Non, elle vont vers les sommets, là où les nuages se posent. Elle sont auprès de lui.

Est-il au pied de l’immensité qui le séduit tant ? A-t-il commencé l’ascension de ce mont sans fin qui l’attire tellement ? Je n’en sais rien.

J’imagine. Car c’est tout ce que je peux faire, en ce moment. L’imagination, un don des dieux qui m’a été offert à la naissance. Un don que j’exploite un peu plus chaque jour. Mon imagination se fait plus profonde, plus belle, plus lumineuse ou plus sombre, plus dense, plus acessible pour moi, intouchable pour les autres…

L’imagination, tout ce qu’il me reste. Condamnée à rester enfermée entre les quatres murs colorés de cette chambre. Condamnée à le regarder s’en aller, toujours plus haut, toujours plus loin. A me ronger les ongles jusqu’au sang pour lui, téméraire sans peur et sans reproche.

A quoi pense-t-il, maintenant ?

Je n’en sais rien. Et je ne le saurais jamais. J’aurais tant voulu changé de point de vue, une fois dans ma vie. Changement de narrateur, je pénètre dans ses pensées, lui dans les miennes. Tout savoir, tout. Pour l’aimer encore plus.

Mais il est trop tard. C’est la fin. Ma poitrine me fait mal, et je suis devant cette feuille désormais noircie de mon écriture.

A quoi pensera-t-il, à ce moment là ?

Il ne pourra jamais me le dire. Cela restera un mystère. Alors je l’imagines. Il rentrera dans la maison, clamera haut et fort qu’il de retour, un sourire rayonnant accroché à ses lèvres. Il enlèvera précipitament sa veste, et ses chaussures. Fera couler du café chaud dans deux tasses, l’une verte, l’autre rouge. Il montera les marches deux à deux, prenant soin de ne pas faire tomber les boissons. Il pénètrera dans la chambre, en riant. Me verra les yeux fermé, allongée dans cet éternel lit. Il pensera que je dors, alors il s’approchera et déposera un baiser sur mes lèvres. Mes lèvres seront-elles froides à ce moment là ? Je pense que oui. Mes yeux ne s’ouvriront pas, mon sourire ne naîtra pas sur mes lèvres. J’imagine qu’il posera sa tête sur ma poitrine, paniquant intèrieurement. Il n’entendra pas mon cœur. Ni mon pouls. Ni quoi que ce soit d’autre. Est-ce qu’il brisera les tasses de café chaud ? Est-ce qu’il pleurera ? Est-ce qu’il regrettera de s’être absenté ? Non, je ne veux pas qu’il regrette. Peut-être tremblera-t-il, à moins qu’il soit paralysé par la tristesse ? Il découvrira ce papier noirci d’encre. Le saisira, le lira en vitesse. Répondra à mes questions, peut-être à haute voix, je ne sais pas.

J’espère que mes mots ne le rendront pas encore plus triste. Parce que je l’aime, à la folie, passionnément… Peut-être que mon cœur lâche par ce trop plein d’amour ? Parce qu’il est jaloux ?

Je ne dirai pas adieu, parce que je ne crois pas en dieu. Alors je dis « A bientôt ». Parce qu’il me rejoindra un jour ou l’autre. Peut-être parce qu’il aura pris trop de risques dans un de ses nombreux periples. Peut-être naturellement.

 

A bientôt. Je t’aime.

 

Lettre d’adieu, non, d’au revoir, trouvée au fin fond d’un coffre.

D’autres lettres et carnets accompagnaenit celle-çi. Des carnets de voyages, beaucoup.

Racontant des périples passionnant, dangereux, envoutant.

Des bloc-notes, remplies du fruit de l’imagination d’une jeune femme amoureuse.

Des lettres, nombreuses, jamais signées. Mais on reconnaît deux écritures distinctes. Certaines, dans des enveloppes, ont été expédiées, lues et relues.

D’autres n’ont jamais connu le cachet de la poste. Des correspondances  avec soi-mêmet. Mais que l’autre à lu, sans aucun doute.

Aucune photo, aucun nom. Un coffre en bois, jamais peint, jamais verni.

Par Ravioli
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Vendredi 23 mai 2008

Joanna a de grands yeux bleus, et Mère Nature a choisi la noix de coco et le café comme ingrédients pour colorer ses cuisses. Belle, elle m'ensorcelle. Si j'osais mentir, c'est dans ses bras que je mourrais. Avec l'impression qu'elle est le fruit de mon imagination, là où les châteaux sont en sable. Mais nous commençons à danser sur une musique qui saigne, et les musiciens ne sont autres que les criquets. Elle est celle qui me permettrais d'embrasser le soleil, tel un trampoline sur la plage. Je la ressent partout dans mon coeur, qui bat la chamade. Elle l'a transformé en gelée d'haricots. Le danger est tellement loin, quand Joanna est près de moi.
Joanna, est est belle comme un ciel parsemé de billes argentées, elle brille comme une luciole à son apogée, c'est pour cette raison que ses baisers me terrifient. Mes rêves pétillent comme une bonne limonade, mais mes frissons ont un arrière-goût de salé, et l'écume à prit la couleur de l'Espace.Elle est celle qui me permettrais d'embrasser le soleil, tel un trampoline sur la plage. Je la ressent partout dans mon coeur, qui bat la chamade. Elle l'a transformé en gelée d'haricots. Le danger est tellement loin, quand Joanna est près de moi.
Mon dieu, qu'est ce que j'aime Joanna. mais elle ne comprend pas vraiment ces étranges sentiments. J'aime la sensation qui naît en moi lorsque nos mains se frôlent, je me sens grand auprès d'elle. Ses lévres brillantes, une saveur sucré de pomme, des sucreries portées en collier... L'insouciance flirt avec l'imprudence quand Joanna est près de moi.
Joanna a de grands yeux bleus, et Mère Nature a choisi la noix de coco et le café comme ingrédients pour colorer ses cuisses. Belle, elle m'ensorcelle. Si j'osais mentir, c'est dans ses bras que je mourrais. Avec l'impression qu'elle est le fruit de mon imagination, là où les châteaux sont en sable. Mais nous commençons à danser sur une musique qui saigne, et les musiciens ne sont autres que les criquets. Elle est celle qui me permettrais d'embrasser le soleil, tel un trampoline sur la plage. Je la ressent partout dans mon coeur, qui bat la chamade. Elle l'a transformé en gelée d'haricots. Le danger est tellement loin, quand Joanna est près de moi.


Ravioli.

Inspiration, cette chanson : Little Joanna - McFLY
Je l'ai ré-arrangée, à ma sauce, sans pour autant en oublier l'histoire...

Par Ravioli
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Vendredi 16 mai 2008
Douglas s'assit à son bureau, fixa l'écran de son ordinateur. Il était encore troublé. Douglas inspira une grande bouffée d'air, ouvrit la fenêtre. Alluma une cigarette, n'y toucha pas. Il avait l'impression de l'avoir perdu. Qui ? Son meilleur ami, Daniel. Pourquoi ? ... Cerveau en maintenance. Vide intersidérale. Douglas a envie d'oublier. Veut oublier.
Et pourtant, il l'a bel et bien vu. Et ça ne change rien à la personne qu'est Daniel. Mais quand même. Douglas l'a vu. Dan' s'est transformé. Dan' a tuer. Sous une autre forme, l'esprit embrumé, Daniel n'est pas vraiment Daniel.
Douglas tente de se raisonner, mais cet au-delà de la tolérance. L'amitié est mise à rude épreuve. Mais ils tiendront le coup. Douglas veut qu'ils tiennent bon. C'est juste une question de temps. Le temps.

Ravioli.
Par Ravioli
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Mercredi 14 mai 2008
Le jeune loup s'approcha de Mona, posa sa tête sur les genoux de l'enfant. Mona avait 10 ans. Elle s'était liée à l'animal sans qu'elle sache pourquoi. Peut-être parce que ses yeux noirs étincellaient de sentiments, brillaient d'intelligence ?
Mona étaient persuadée qu'un coeur d'homme se cachait sous le pelage brun du loup. Mais personne ne la croyait, et les adultes se moquaient d'elle. "Ton imagination est trop débordante, Mona.", disaient-ils. Pourtant, l'enfant savait que ce n'était pas dû à son imagination. Qu'importe ce que disait les autres, elle y croyait dur comme fer.
Mona a désormais 20 ans.
- Jake ? Où es-tu bon sang ?!
Un chien robuste arriva en trottinant dans le salon. Non, pas un chian. Un loup. Un loup qui a préféré la l'amour de la jeune femme à sa forêt. Une autre forme de liberté.
Mona frappa amicalement l'encolure de l'animal en souriant, puis sortit de l'appartement. Jake à sa suite. Ils traversèrent la ville encore endormie, s'étendirent au bord d'un lac.
Ils auraient pu rester ainsi une éternité. Mona était toujours dans la certitude que Jake n'était pas loup. Et elle attendait patiemment que la vérité se dévoilé à elle. Prête à attendre toute la vie.

Ravioli.
Par Ravioli
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Mardi 13 mai 2008
Le vieil homme la regarda partir. Ce n'était pas sa fille, mais presque. Il se remémora les paroles de la jeune fille : " Henry, tu n'est pas mon père, pourtant tu as toujours su prononcer les mots. Les vrais. Ceux qui résonnent, et dans la tête, et dans le coeur. Un père spirituel." Père spirituel. Il ne savait absolument pas en quoi consituait ce job, mais elle l'avait embauché. Envers et contre tous. Une histoire d'amour entre un veil homme et une jeune fille, c'est peu commun. Voire pas commun du tout. Et alors ? Il était la plume, elle était l'inspiration. Elle était les mots, il était la page noircie d'encre. Encre indélébile.
Henry est un homme combé. La mort risque de le surprendre à tout moment, mais il est serein. Parce qu'il a croisé la route d'un angelot. Il a trouvé la paix.

...

Des mots. De simples mots. Ses mots. Qui me font sourire, rire ou pleurer. Des encouragements. Une admiration réciproque. Eloignés et pourtant si proches. La magie des mots. Sa magie. Sa tendresse. Mon père spirituelle. Moi, petite fleur qui pousse inexorablement, me jette dans les bras de la vie.


Ravioli.

Par Ravioli
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Dimanche 11 mai 2008
J'ouvres les yeux. La foule est immanse. Gigantesque. Inquiétante. Je cesse de respirer quelques secondes, afin de calmer mon coeur qui s'affole. Dire qu'il est là, quelque part dans cette monstrueuse marée humaine. J'étouffe. Mon coeur bat la chamade. Les tambours résonnent dans ma tête, me donnent la migraine. La guitare libère sa mélodie stridente. C'est à moi. Maintenant. Je pince les cordes, mes doigts hésitent. Le son sort, vibre. Les bafles explosent de son. Mon coeur se gonfle quand les notes montes, se relâche quand les graves résonnent. Il perfore ma poitrine. Je suis transporté, plus rien ne m'importe. La foule cri, chante, saute. J'évacue tout ce qui pourrait gêner dans ma tête. Je suis emporté par le courant de la musique. Ma musique. Mon monde. Des secondes,des minutes, peut-être même des heures, défilent. Se chamboulent. Mais je ne perçoit plus rien. Juste mon instrument et moi. Juste le son, le rythme, la mélodie. Juste la vibration sous mes pied, dans mon être, au fin fond de mon esprit même. Juste moi, nous, eux. Juste la musique, les paroles. Une passion. Une scène. Mon rêve. Un autre monde.

Ravioli.
Par Ravioli
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Vendredi 9 mai 2008
Les bouclettes de ses cheveux noirs éparpillées autour de son visage mat, les yeux fermés, allongé dans cette herbe trop verbe, on pourrait penser à un prince endormi. Et pourtant, ce n'est qu'un lycéen. Salim. Qui goûte au premier rayons de soleil de Janvier. L'hiver est toujours là, et pourtant il est bien, se prélassant dans le jardin faisant face au lycée. Il pense. Rêve. Se prend même à espérer. Espérer quoi ? On ne sait pas. L'amour il l'a déjà trouvé. Joanna lui a offert, ses grands yeux bleus l'ont conquit. Non, il espère bien plus que ça. Quelque chose qui ne porte pas de nom particulier, mais qui fait pourtant rêver tant de gens. Un mélange de rêve, d'amour, de bonheur... Avec un arrière-goût d'aventure. De l'aventure. De la liberté.
Salim se perd dans les méandres de ses pensées. Divague dans le vague. Certaines paroles lui reviennent à l'esprit, des images défilent. Il s'évade. Est totalement déconnecté de la réalité.
La sonnerie retentit, le brouhaha des élèves s'élève, des pas se rapproche, un main lui caresse la joue. Il ouvre les yeux. Dur réveil dans le monde réel.


Ravioli.
Par Ravioli
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Mercredi 7 mai 2008
Son sourire m'éblouit, et je cédai. J'ouvris la porte en grand, et Aaron s'installa dans le canapé. Aaron. Ce garçon m'a parut louche dès le départ. Mais il est très lié avec mon père, et vient régulièrement lui rendre visite. Je gardai donc mes réfléxions pour moi-même, et allai chercher mon père dans son bureau. Mon père, Barthélémy Jackson. Un homme dans la force de l'âge, qui a vécu plus de choses que n'importe qui dans ma petite ville. Mais il ne s'en vante pas, et reste enfermer à longueurs de journées dans son bureau. Il n'accepte de voir que quelques rares personne, en dehors de moi, son unique fille. Et Aaron fait parti de ces personnes rarissimes. Aaron Walt. A peine plus âgé que moi, il doit avoir une vingtaines d'années. Il est beau, charismatique, et m'est très antipathique. Je ne sais absolument rien de sa vie. Je frappai à la porte du bureau, mon père me pria d'entrer. Je passai la tête par l'entrabaîllement.
- Papa, Aaron est là.
- Emmène-le à moi, Eve.
Je refermai soigneusement la porte, et me retrouvai face à Aaron, qui me fit légèrement sursauter. Il me fit un sourire, mais ses yeux n'avaient rien de souriant.
- Evelyne, pouvez-vous me laissez entrer ?
Sa voix mièvre me fit frissonner, et je me poussai afin de le laisser pénétrer dans le bureau de mon père. Je restai près de la porte, avec l'espoir d'entendre une once de conversation, mais comme d'habitude, aucune voix ne parvenait à mes oreilles. Je rebroussai chemin, retournant à la disserte qui m'attendait sur la table de la cuisine. J'allumai le poste-radio, sur une station ne passant que des vieilleries, mais la seule station ne grésillant pas. J'essayai de me plonger dans la philosophie du bonheur, sujet de ma disserte, mais n'y arrivait pas. Comme à chaque fois qu'Aaron était en compagnie de mon père. Mon regard s'égara sur la photo posée sur le buffet. Barthélémy, moi, et ma défunte mère, Judith. Si Judith avait été présente, elle aurait réussi à cerner cet Aaron. J'en étais persuadée. Je reportai mon attention sur mon devoir, et essayai de travailler efficacement. L'heure passa doucement, lentement, se traîna. Puis des pas retentirent sur le parquet de la vieille maison, et, tel un courant d'air, Aaron s'assit face à moi. Je rangeai mes feuilles noircies d'encre dans mon sac, puis fermai celui-çi. Sous l'oeil inquisiteur de l'invité.
Je fit chauffer de l'eau dans la bouilloire, dissimulant mon malaise comme je pouvais.
- Vous prendrez un thé en ma compagnie, Aaron ?
- Avec plaisir.
Nous nous fixâmes quelques minutes. La bouilloire siffla, je fis couler l'eau dans deux tasses, et en tendis une à l'ami de mon père. Je restai à distance, appuyée contre l'evier. Qui est cet Aaron ? Qu'est ce que mon père peut bien lui trouver ? Je portai la tasse à mes lèvres, m'y brulai, étouffai le cri de douleur qui voulait s'échapper. Les yeux d'Aaron se moquèrent de moi, tandis qu'il soufflait au-dessus de sa tasse. Le pas lasse de mon père se fit entendre, et il nous rejoignit dans la cuisine. Il m'ébourriffa les cheveux, comme toujours, et s'assit face au jeune homme. Il parlèrent du projet de ré-ouverture de la bibliothèque de York, notre petite ville anglaise. Je me perdis dans les méandres de mon esprit, n'écoutant leur conversation que d'une oreille.
- Evelyne, quel âge avez-vous ?
Aaron venait de m'extirper de mes pensées, en me questionnant. Ne laissant pas de place à mon habituelle méfiance, je lui répondit.
- 19 ans. Je suis des études de littérature. Pourquoi un interêt soudain pour mon existence ?
- Eve a 5 ans de moins que toi, Aaron.
Je n'appréciais pas que mon père tutoie Aaron. Mais j'aimais Barthélémy, et je ne voulais pas le décevoir. Il y avait de bonnes raisons pour qu'il fréquente Aaron Walt, il n'y avait pas de doute là-dessus. Mais je ne connaissais pas ces raisons.
La conversation dévia sur un écrivain de SF dont le nom ne me reviens pas, puis Aaron partit. Un rendez-vous, prétexta-t-il.
Sans que je saches pourquoi, cet excuse me parut bidon, et je me résolut à le suivre. Je dit à mon père que j'allais rendre visite à une amie, puis démarra ma deux chevaux. La poursuite commençait.
Deux voitures séparaient la BMW d'Aaron et mon véhicule. Il roula un moment, jusqu'à ce que les dernières maisons de la ville ne soient que mirages. Je commençais à regretter mes doutes. Peut-être avait-il réellement un rendez-vous ? Mais mes doutes revienrent au galop lorsque la belle voiture s'arrêta au bord d'un chemin boueux. Aaron sortit, l'air serein, et s'enfonça dans la forêt. J'avais beau regarder au loin, je ne voyais aucune habitation. Ma curiositié l'emporta sur les frissons qui me parcouraient, et je sortis de la voiture, l'abandonnant non loin de la route. Je suivais Aaron Jackson à une bonne distance, veillant à être discrète. De longues minutes s'écoulèrent lors de cette poursuite silencieuse. Seuls quelques chants d'oiseaux nous accompagnaient. Aaron tourna à droite, et je décrouvris un cabanon. Mon fugitif pénétra à l'intérieur de la petite maison de bois. J'en fis le tour, et approcha mon visage d'un trou entre deux planches. Je risquai un regard à l'intérieur et ne vis... rien. Un tremblement parcouru mon corps, et je me tournai lentement. Aaron. Le regard animé par un désir fou. Je me collai contre le bois du cabanon. Envie d'être minuscule. Aaron Walt posa sa main sur ce qu'on peut appeler mur, à quelques centimètres de ma tête. Son autre main s'empara délicatement de mon menton. Il susurra d'une voix suave et menaçante.
- Evelyne aurait-elle envie d'un moment privilégié avec moi, pour me suivre ainsi ?
Je voulus répondre au jeune homme, le renvoyer dans ses buts. Mais ma voix était tellement tremblante que seul un couinement se fit entendre. Aaron souria, et m'éblouit. Comme toujours. Il me parla, mais je ne compris un traître mot de ce qu'il me disait. Les yeux d'Aaron avaient changés de couleur. Le bleus turquoise qui les colorait avait laissé place au noir le plus sombre du monde. Ses iris et ses pupilles ne faisaient plus qu'unes. Il inspira longuement, puis souffla sur moi. Un souffle glacial. Mon corps fut congelé, figé, en moins de temps qu'il faut pour le dire. Les battements de mon coeur ralentirent. Ma dernière vison fut ce sourire. Machiavélique. Le sourire d'Aaron.


Ravioli.
Par Ravioli
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Dimanche 4 mai 2008
Aujourd'hui il fait froid. C'est normal me direz-vous, il neige. Ma couverture ne me sert à rien, mais je ne peux me résoudre à l'enlever. Je suis sûre que j'ai les lèvres bleues.
Merde. Je peux pas bouger. Je peux plus bouger. Je vais mourir ici, sur ce trottoir, frigorifiée. Putain. Presque 1 an dans la rue. Et c'est maintenant que j'vais crever.  Une larme coule sur ma joue, une larme chaude. Elle me brûle. Je suis pitoyable. Ma vue se trouble, j'y vois rien. En même temps, j'ai pas envie de voir tout ces riches qui préparent leur réveillon en riant. J'ai quelques pièces dans ma poche, à peine un café . Mais j'peux pas bouger. Et personne veut m'aider. Je les comprends, qui voudrait aider une jeune fille aux habits dépareillés, à la tignasses courtes et désordonnée, au joues noires de crasses ...
Ma vue se trouble de plus en plus, c'est horrible. Je vois un couple traverser la rue , ils vont passer à côté de moi sans me voir, ces connards. Et ils rient de bon coeur. Merde.J'ai la tête qui tourne. Trou noir.
Je me réveille. J'ai chaud... Est-ce la mort ? Non, je n'penses pas.
Les murs sont verts. Je veux me lever mais n'y arrives pas. Une jeune homme entre dans ma chambre. Il me semble charmant. Il me parle, mais je ne l'écoute pas. Mes jambes ne réagissent pas, c'est énervant. Flippant même. Le mec me regarde, et me dit que je suis trop affaibli pour bouger. Je lève la couverture, et me découvre des os qui saillent. C'est pas possible, c'est mon corps ça ?
Il m'explique que j'étais dans un état de semi-conscience, mais que mon corps rejetait la nourriture. Deux semaines que je suis chez lui. Deux semaines que je suis dépendante de quelqu'un, sans même m'en rendre compte. Je ne veux pas être dépendante. J'aimerai dire que je peux me débrouiller seule, mais cest faux. Faux, car je suis seule, et à la rue. Faux parce que je n'ai jamais su totalement être indépendante. Faux car j'ai peur de la solitude...

Ravioli.
Par Ravioli
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Dimanche 4 mai 2008
Il approcha ses dents menaçantes de mon cou, je perdis connaissance. Ca brûle. Je suis en train de brûler vive. Ma gorge. Elle est en feu. Je portai les mains à mon cou. Il me parait indemne. Il fait noir. J'ai soif. Une soif incontrôlable. Incompréhensible. Du sang, je veux du sang.
J'ouvris violemment les yeux, sautai sur mes pieds. J'ai mal, j'ai soif. Je sortis de la pièce sombre, aussi rapide qu'un panthère. Une vitesse nouvelle. Dehors, les gens se pressent. Des humains. De simples humains. Une grognement gutural sortit de ma gorge brûlante. J'ai mal, j'ai soif. Les nuages, sombres, grondent dans le ciel. Je sens des forces inconnues en moi. Mon coeur de palpite plus dans ma poitrine. Mais je ne suis pas morte. Une homme passa à côté de moi. Il a une odeur formidable. Son sang. J'ai de plus en plus soif. Une soif aveuglante. Sans réfléchir, je me jetai sur l'homme à l'odeur alléchante. J'étouffai son cri, couvrant sa bouche de ma main. Je retroussai les lèvres, laissant apparaître mes dents. Mes armes. Je mordis sa gorge, puis m'abreuvai de son sang. Je le laissai choir sur le sol, qui était à présent trempé par la pluie, sou les regards apeurés de quelques passants.J'ai mal, et toujours soif.
Je m'enfuis en courant. Des bras d'une blancheur extrème m'attrappèrent la taille, me coupant le souffle. Je me retournai, dévoilant mes crocs. Je me retrouvai face à des yeux effrayants, malgré la chaude couleur dorée qui les éclairaient. Au lieu de me faire perdre mon sang-froid, le monstre en moi se montra plus haineux. Plus assoifé. J'ai mal, j'ai soif. Je voulu enfoncer mes canines luisantes dans sa gorge, mais il fut plus rapide que moi, et me repoussa brutalement. Une force inhumaine me propulsa au sol, je sentis les os de ma nuque se briser. Je restai étendue par terre, jetant un regard meurtrier à mon agresseur. Ses cheveux noirs de jais lui tombaient sur le front, mais ne cachaient pas pour autant ses yeux désormais sombres. Il s'accroupit à côté de moi, un frisson me parcourut l'échine. Je me battais contre moi-même, contrôlant tant bien que mal la violence emmagasinée dans mon corps. Il était beaucoup plus fort que moi. J'ai mal, j'ai soif. Il me lança sur son dos sans aucune délicatesse. je grognai, il fit de même, encore plus effrayant. Il courut à une vitesse inimaginable, sous mes yeux ébahis. Et effarés. Il était comme moi. En mille fois supérieur. Nous étions de la même race. J'ai mal, je brûle. J'ai soif, c'est incontrôlable. J'enfonçai mes ongles dans ma paume, me broyant les os. Ma peau, d'un blancheur immaculée, se teinta de mauve. Inhumaine, je souffres.

Ravioli.
Par Ravioli
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