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  • : Le blog de Ravioli
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  • : Des histoires, sorties tout droit de mon imagination un peu trop débordante. Si l'envie vous prend, plongez vous dans mon monde.
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Qui est Ravioli ?

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  • : Femme
  • : 30/12/1992
  • : A peine sortie de l'enfance, les idées fusent. C'est dans mon monde que je m'évades, et je vous propose ici de m'y rejoindre.
Samedi 10 mai 2008
Camille.

Un petit bout de femme, tout juste sorti  de l'enfance. Songe déjà à s'échapper. Sa susceptibilité, son ironie, sa bonté, ses éclats de rire, ses larmes, son coeur trop gros... Un caractère insaisissable.
Je penses l'avoir comprise, sinon je n'aurai pas pu la dessiner. Mais je ne veux pas crier victoire trop vite.
Nous avons toute la vie devant nous.

 

Ravioli.
Par Ravioli
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Vendredi 9 mai 2008
Les bouclettes de ses cheveux noirs éparpillées autour de son visage mat, les yeux fermés, allongé dans cette herbe trop verbe, on pourrait penser à un prince endormi. Et pourtant, ce n'est qu'un lycéen. Salim. Qui goûte au premier rayons de soleil de Janvier. L'hiver est toujours là, et pourtant il est bien, se prélassant dans le jardin faisant face au lycée. Il pense. Rêve. Se prend même à espérer. Espérer quoi ? On ne sait pas. L'amour il l'a déjà trouvé. Joanna lui a offert, ses grands yeux bleus l'ont conquit. Non, il espère bien plus que ça. Quelque chose qui ne porte pas de nom particulier, mais qui fait pourtant rêver tant de gens. Un mélange de rêve, d'amour, de bonheur... Avec un arrière-goût d'aventure. De l'aventure. De la liberté.
Salim se perd dans les méandres de ses pensées. Divague dans le vague. Certaines paroles lui reviennent à l'esprit, des images défilent. Il s'évade. Est totalement déconnecté de la réalité.
La sonnerie retentit, le brouhaha des élèves s'élève, des pas se rapproche, un main lui caresse la joue. Il ouvre les yeux. Dur réveil dans le monde réel.


Ravioli.
Par Ravioli
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Mercredi 7 mai 2008
Son sourire m'éblouit, et je cédai. J'ouvris la porte en grand, et Aaron s'installa dans le canapé. Aaron. Ce garçon m'a parut louche dès le départ. Mais il est très lié avec mon père, et vient régulièrement lui rendre visite. Je gardai donc mes réfléxions pour moi-même, et allai chercher mon père dans son bureau. Mon père, Barthélémy Jackson. Un homme dans la force de l'âge, qui a vécu plus de choses que n'importe qui dans ma petite ville. Mais il ne s'en vante pas, et reste enfermer à longueurs de journées dans son bureau. Il n'accepte de voir que quelques rares personne, en dehors de moi, son unique fille. Et Aaron fait parti de ces personnes rarissimes. Aaron Walt. A peine plus âgé que moi, il doit avoir une vingtaines d'années. Il est beau, charismatique, et m'est très antipathique. Je ne sais absolument rien de sa vie. Je frappai à la porte du bureau, mon père me pria d'entrer. Je passai la tête par l'entrabaîllement.
- Papa, Aaron est là.
- Emmène-le à moi, Eve.
Je refermai soigneusement la porte, et me retrouvai face à Aaron, qui me fit légèrement sursauter. Il me fit un sourire, mais ses yeux n'avaient rien de souriant.
- Evelyne, pouvez-vous me laissez entrer ?
Sa voix mièvre me fit frissonner, et je me poussai afin de le laisser pénétrer dans le bureau de mon père. Je restai près de la porte, avec l'espoir d'entendre une once de conversation, mais comme d'habitude, aucune voix ne parvenait à mes oreilles. Je rebroussai chemin, retournant à la disserte qui m'attendait sur la table de la cuisine. J'allumai le poste-radio, sur une station ne passant que des vieilleries, mais la seule station ne grésillant pas. J'essayai de me plonger dans la philosophie du bonheur, sujet de ma disserte, mais n'y arrivait pas. Comme à chaque fois qu'Aaron était en compagnie de mon père. Mon regard s'égara sur la photo posée sur le buffet. Barthélémy, moi, et ma défunte mère, Judith. Si Judith avait été présente, elle aurait réussi à cerner cet Aaron. J'en étais persuadée. Je reportai mon attention sur mon devoir, et essayai de travailler efficacement. L'heure passa doucement, lentement, se traîna. Puis des pas retentirent sur le parquet de la vieille maison, et, tel un courant d'air, Aaron s'assit face à moi. Je rangeai mes feuilles noircies d'encre dans mon sac, puis fermai celui-çi. Sous l'oeil inquisiteur de l'invité.
Je fit chauffer de l'eau dans la bouilloire, dissimulant mon malaise comme je pouvais.
- Vous prendrez un thé en ma compagnie, Aaron ?
- Avec plaisir.
Nous nous fixâmes quelques minutes. La bouilloire siffla, je fis couler l'eau dans deux tasses, et en tendis une à l'ami de mon père. Je restai à distance, appuyée contre l'evier. Qui est cet Aaron ? Qu'est ce que mon père peut bien lui trouver ? Je portai la tasse à mes lèvres, m'y brulai, étouffai le cri de douleur qui voulait s'échapper. Les yeux d'Aaron se moquèrent de moi, tandis qu'il soufflait au-dessus de sa tasse. Le pas lasse de mon père se fit entendre, et il nous rejoignit dans la cuisine. Il m'ébourriffa les cheveux, comme toujours, et s'assit face au jeune homme. Il parlèrent du projet de ré-ouverture de la bibliothèque de York, notre petite ville anglaise. Je me perdis dans les méandres de mon esprit, n'écoutant leur conversation que d'une oreille.
- Evelyne, quel âge avez-vous ?
Aaron venait de m'extirper de mes pensées, en me questionnant. Ne laissant pas de place à mon habituelle méfiance, je lui répondit.
- 19 ans. Je suis des études de littérature. Pourquoi un interêt soudain pour mon existence ?
- Eve a 5 ans de moins que toi, Aaron.
Je n'appréciais pas que mon père tutoie Aaron. Mais j'aimais Barthélémy, et je ne voulais pas le décevoir. Il y avait de bonnes raisons pour qu'il fréquente Aaron Walt, il n'y avait pas de doute là-dessus. Mais je ne connaissais pas ces raisons.
La conversation dévia sur un écrivain de SF dont le nom ne me reviens pas, puis Aaron partit. Un rendez-vous, prétexta-t-il.
Sans que je saches pourquoi, cet excuse me parut bidon, et je me résolut à le suivre. Je dit à mon père que j'allais rendre visite à une amie, puis démarra ma deux chevaux. La poursuite commençait.
Deux voitures séparaient la BMW d'Aaron et mon véhicule. Il roula un moment, jusqu'à ce que les dernières maisons de la ville ne soient que mirages. Je commençais à regretter mes doutes. Peut-être avait-il réellement un rendez-vous ? Mais mes doutes revienrent au galop lorsque la belle voiture s'arrêta au bord d'un chemin boueux. Aaron sortit, l'air serein, et s'enfonça dans la forêt. J'avais beau regarder au loin, je ne voyais aucune habitation. Ma curiositié l'emporta sur les frissons qui me parcouraient, et je sortis de la voiture, l'abandonnant non loin de la route. Je suivais Aaron Jackson à une bonne distance, veillant à être discrète. De longues minutes s'écoulèrent lors de cette poursuite silencieuse. Seuls quelques chants d'oiseaux nous accompagnaient. Aaron tourna à droite, et je décrouvris un cabanon. Mon fugitif pénétra à l'intérieur de la petite maison de bois. J'en fis le tour, et approcha mon visage d'un trou entre deux planches. Je risquai un regard à l'intérieur et ne vis... rien. Un tremblement parcouru mon corps, et je me tournai lentement. Aaron. Le regard animé par un désir fou. Je me collai contre le bois du cabanon. Envie d'être minuscule. Aaron Walt posa sa main sur ce qu'on peut appeler mur, à quelques centimètres de ma tête. Son autre main s'empara délicatement de mon menton. Il susurra d'une voix suave et menaçante.
- Evelyne aurait-elle envie d'un moment privilégié avec moi, pour me suivre ainsi ?
Je voulus répondre au jeune homme, le renvoyer dans ses buts. Mais ma voix était tellement tremblante que seul un couinement se fit entendre. Aaron souria, et m'éblouit. Comme toujours. Il me parla, mais je ne compris un traître mot de ce qu'il me disait. Les yeux d'Aaron avaient changés de couleur. Le bleus turquoise qui les colorait avait laissé place au noir le plus sombre du monde. Ses iris et ses pupilles ne faisaient plus qu'unes. Il inspira longuement, puis souffla sur moi. Un souffle glacial. Mon corps fut congelé, figé, en moins de temps qu'il faut pour le dire. Les battements de mon coeur ralentirent. Ma dernière vison fut ce sourire. Machiavélique. Le sourire d'Aaron.


Ravioli.
Par Ravioli
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Dimanche 4 mai 2008
Aujourd'hui il fait froid. C'est normal me direz-vous, il neige. Ma couverture ne me sert à rien, mais je ne peux me résoudre à l'enlever. Je suis sûre que j'ai les lèvres bleues.
Merde. Je peux pas bouger. Je peux plus bouger. Je vais mourir ici, sur ce trottoir, frigorifiée. Putain. Presque 1 an dans la rue. Et c'est maintenant que j'vais crever.  Une larme coule sur ma joue, une larme chaude. Elle me brûle. Je suis pitoyable. Ma vue se trouble, j'y vois rien. En même temps, j'ai pas envie de voir tout ces riches qui préparent leur réveillon en riant. J'ai quelques pièces dans ma poche, à peine un café . Mais j'peux pas bouger. Et personne veut m'aider. Je les comprends, qui voudrait aider une jeune fille aux habits dépareillés, à la tignasses courtes et désordonnée, au joues noires de crasses ...
Ma vue se trouble de plus en plus, c'est horrible. Je vois un couple traverser la rue , ils vont passer à côté de moi sans me voir, ces connards. Et ils rient de bon coeur. Merde.J'ai la tête qui tourne. Trou noir.
Je me réveille. J'ai chaud... Est-ce la mort ? Non, je n'penses pas.
Les murs sont verts. Je veux me lever mais n'y arrives pas. Une jeune homme entre dans ma chambre. Il me semble charmant. Il me parle, mais je ne l'écoute pas. Mes jambes ne réagissent pas, c'est énervant. Flippant même. Le mec me regarde, et me dit que je suis trop affaibli pour bouger. Je lève la couverture, et me découvre des os qui saillent. C'est pas possible, c'est mon corps ça ?
Il m'explique que j'étais dans un état de semi-conscience, mais que mon corps rejetait la nourriture. Deux semaines que je suis chez lui. Deux semaines que je suis dépendante de quelqu'un, sans même m'en rendre compte. Je ne veux pas être dépendante. J'aimerai dire que je peux me débrouiller seule, mais cest faux. Faux, car je suis seule, et à la rue. Faux parce que je n'ai jamais su totalement être indépendante. Faux car j'ai peur de la solitude...

Ravioli.
Par Ravioli
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Dimanche 4 mai 2008
Il approcha ses dents menaçantes de mon cou, je perdis connaissance. Ca brûle. Je suis en train de brûler vive. Ma gorge. Elle est en feu. Je portai les mains à mon cou. Il me parait indemne. Il fait noir. J'ai soif. Une soif incontrôlable. Incompréhensible. Du sang, je veux du sang.
J'ouvris violemment les yeux, sautai sur mes pieds. J'ai mal, j'ai soif. Je sortis de la pièce sombre, aussi rapide qu'un panthère. Une vitesse nouvelle. Dehors, les gens se pressent. Des humains. De simples humains. Une grognement gutural sortit de ma gorge brûlante. J'ai mal, j'ai soif. Les nuages, sombres, grondent dans le ciel. Je sens des forces inconnues en moi. Mon coeur de palpite plus dans ma poitrine. Mais je ne suis pas morte. Une homme passa à côté de moi. Il a une odeur formidable. Son sang. J'ai de plus en plus soif. Une soif aveuglante. Sans réfléchir, je me jetai sur l'homme à l'odeur alléchante. J'étouffai son cri, couvrant sa bouche de ma main. Je retroussai les lèvres, laissant apparaître mes dents. Mes armes. Je mordis sa gorge, puis m'abreuvai de son sang. Je le laissai choir sur le sol, qui était à présent trempé par la pluie, sou les regards apeurés de quelques passants.J'ai mal, et toujours soif.
Je m'enfuis en courant. Des bras d'une blancheur extrème m'attrappèrent la taille, me coupant le souffle. Je me retournai, dévoilant mes crocs. Je me retrouvai face à des yeux effrayants, malgré la chaude couleur dorée qui les éclairaient. Au lieu de me faire perdre mon sang-froid, le monstre en moi se montra plus haineux. Plus assoifé. J'ai mal, j'ai soif. Je voulu enfoncer mes canines luisantes dans sa gorge, mais il fut plus rapide que moi, et me repoussa brutalement. Une force inhumaine me propulsa au sol, je sentis les os de ma nuque se briser. Je restai étendue par terre, jetant un regard meurtrier à mon agresseur. Ses cheveux noirs de jais lui tombaient sur le front, mais ne cachaient pas pour autant ses yeux désormais sombres. Il s'accroupit à côté de moi, un frisson me parcourut l'échine. Je me battais contre moi-même, contrôlant tant bien que mal la violence emmagasinée dans mon corps. Il était beaucoup plus fort que moi. J'ai mal, j'ai soif. Il me lança sur son dos sans aucune délicatesse. je grognai, il fit de même, encore plus effrayant. Il courut à une vitesse inimaginable, sous mes yeux ébahis. Et effarés. Il était comme moi. En mille fois supérieur. Nous étions de la même race. J'ai mal, je brûle. J'ai soif, c'est incontrôlable. J'enfonçai mes ongles dans ma paume, me broyant les os. Ma peau, d'un blancheur immaculée, se teinta de mauve. Inhumaine, je souffres.

Ravioli.
Par Ravioli
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Dimanche 4 mai 2008
Je devrais tout arrêter. La clope, l'alcool et lui. Certes, il est séduisant, intelligent, drôle, attentionné... et j'en passe. Mais c'est un loup-garou. Un monstre. Un créature autant inhumaine qu'irréelle, sorti tout droit de mes bouquins préférés. Et pourtant, c'est l'inexorable vérité. Il est ce qu'il est. Un être dangereux. Terriblement dangereux. Le moindre sentiment de haine, de colère, ou même d'effroi peut lui faire perdre le contrôle de son corps, & de son esprit. Une transformation en ma présence pourrait l'amener à me tuer. Mais je ne peux pourant me résoudre à l'abandonner. Cette soif d'adrenalyne alimente notre amour. Tant pis si j'y risque ma vie, je lui donnerai mon âme. Tant pis si l'on doit s'exiler, je serai à ses côtés. Je sais que c'est fou, insencé, idiot, risqué... Mais incroyable. Je m'étonnes moi même de persister dans mon amour. Non pas que je soit intolérante, loin de là. Mais toute personne censée serait partie en courant, prenant ses jambes à son cou. Alors que moi je suis là, appuyée à son lit, le regardant dormir. Et la vulnérabilité qui émane de lui pendant son sommeil ne fait que renforcer mon affection. Non, je ne peux pas l'abandonner. Je ne peux pas le laisser seul face à cette épreuve, face à l'irréel. Je ne pourrai l'oublier. Je deviendrai folle, ne pourrai vivre normalement. Jamais je ne pourrait partir. Sauf s'il le décide. Et tant pis pour la clope et l'alcool...

Ravioli.


 

Par Ravioli
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